Diable  -   Loïs Blanca Info

 

Comment expliquer que le train Intercity de 18H25 Naples-Rome que je prends chaque fin de semaine pour rentrer à Formia, se soit arrêté cinq minutes plus tôt que d’habitude à Aversa ?

Comment expliquer que j’aie vu le paysage s’étirer dans un défilement fulgurant entre Naples et Aversa au point d’avoir eu l’impression que nous allions rater l’arrêt et continuer notre route sans jamais plus nous arrêter ?

L’homme qui s’était assis à côté de moi à Aversa, m’avait immédiatement demandé quel diable avait pu entraîner le conducteur du train à cette vitesse, au point que tous les voyageurs avaient dû courir au bout du quai pour pouvoir y monter. Il avait de grands yeux noirs exorbités, un air rogue, la mâchoire prognathe et ses grandes mains à la peau craquelée recouvraient presque entièrement ses cuisses musclées.

Je m’étais fait tout petit, j’avais répondu à sa demande que, non, le train n’était pas parti plus tôt de Naples et que, oui, le conducteur avait dû poser un peu lourdement la main sur le levier d’accélérateur, car effectivement les chaos provoqués par la très grande vitesse avaient fait naître des regards interrogatifs et des mines décomposées tout autour de moi.

Vito se présenta en soulevant lentement sa grande patte de sa cuisse et me demanda tout à trac ce que j’étais en train de lire. Ma réponse, que je ruminais un instant sous ma langue avant de la lâcher, provoqua ce que malheureusement je voulais éviter. Une longue conversation allait suivre qui ne s’arrêterait que lorsque Vito, dégoûté par la représentation qu’il allait se faire de moi, prendrait une position de repli muette.

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Comment expliquer que le train Intercity de 18H25 Naples-Rome que je prends chaque fin de semaine pour rentrer à Formia, se soit arrêté cinq minutes plus tôt que d’habitude à Aversa ?

Comment expliquer que j’aie vu le paysage s’étirer dans un défilement fulgurant entre Naples et Aversa au point d’avoir eu l’impression que nous allions rater l’arrêt et continuer notre route sans jamais plus nous arrêter ?

L’homme qui s’était assis à côté de moi à Aversa, m’avait immédiatement demandé quel diable avait pu entraîner le conducteur du train à cette vitesse, au point que tous les voyageurs avaient dû courir au bout du quai pour pouvoir y monter. Il avait de grands yeux noirs exorbités, un air rogue, la mâchoire prognathe et ses grandes mains à la peau craquelée recouvraient presque entièrement ses cuisses musclées.

Je m’étais fait tout petit, j’avais répondu à sa demande que, non, le train n’était pas parti plus tôt de Naples et que, oui, le conducteur avait dû poser un peu lourdement la main sur le levier d’accélérateur, car effectivement les chaos provoqués par la très grande vitesse avaient fait naître des regards interrogatifs et des mines décomposées tout autour de moi.

Vito se présenta en soulevant lentement sa grande patte de sa cuisse et me demanda tout à trac ce que j’étais en train de lire. Ma réponse, que je ruminais un instant sous ma langue avant de la lâcher, provoqua ce que malheureusement je voulais éviter. Une longue conversation allait suivre qui ne s’arrêterait que lorsque Vito, dégoûté par la représentation qu’il allait se faire de moi, prendrait une position de repli muette.

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