Petite brocante intime (2)  -   Michel Cousin Info

 

Pour lire la première partie de cette oeuvre cliquez ici

Cet inventaire ne doit rien à Prévert. Son contenu hétéroclite, jalousement gardé dans la grande malle aux souvenirs, représente ma petite brocante intime, autant d’objets qui ont fleuri sur mon chemin, de l’enfance à l’adolescence. Faut-il s’y attarder pour une courte évocation et donner ainsi un peu de chair à une énumération qui, autrement, demeurerait fastidieuse ? Je tente le pari.

Les flotteurs en liège

La crevette blanche dans son maillot bleu-marine est sanglée sur son torse aux côtes saillantes d’une encombrante ceinture hérissée de blocs de liège. On aborde l’obstacle côté petit bassin et le pied avance dans cette étendue inquiétante dont le fond s’agrandit à mesure. Les orteils glissent sur la faïence et bientôt quittent le sol. Sur la berge, un homme crie et tend une perche insaisissable. Le geste d’abord brouillon peu à peu se délie, s’applique et se répète, seule sauvegarde possible dans ce milieu hostile. Au bout, il y a l’échelle et la fin de l’épreuve. En vérité, une première étape, car demain il faudra abandonner les flotteurs…
Progresser, progresser encore avant d’obtenir la seule récompense qui vaille : le plaisir de nager, la sensation – enfin ! au bout de l’effort.

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Cet inventaire ne doit rien à Prévert. Son contenu hétéroclite, jalousement gardé dans la grande malle aux souvenirs, représente ma petite brocante intime, autant d’objets qui ont fleuri sur mon chemin, de l’enfance à l’adolescence. Faut-il s’y attarder pour une courte évocation et donner ainsi un peu de chair à une énumération qui, autrement, demeurerait fastidieuse ? Je tente le pari.

Les flotteurs en liège

La crevette blanche dans son maillot bleu-marine est sanglée sur son torse aux côtes saillantes d’une encombrante ceinture hérissée de blocs de liège. On aborde l’obstacle côté petit bassin et le pied avance dans cette étendue inquiétante dont le fond s’agrandit à mesure. Les orteils glissent sur la faïence et bientôt quittent le sol. Sur la berge, un homme crie et tend une perche insaisissable. Le geste d’abord brouillon peu à peu se délie, s’applique et se répète, seule sauvegarde possible dans ce milieu hostile. Au bout, il y a l’échelle et la fin de l’épreuve. En vérité, une première étape, car demain il faudra abandonner les flotteurs…
Progresser, progresser encore avant d’obtenir la seule récompense qui vaille : le plaisir de nager, la sensation – enfin ! au bout de l’effort.

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