Petite brocante intime (3)  -   Michel Cousin Info

 

Le mange-disque

On se souvient du pick-up en forme de machine à écrire portative et de son capot alvéolé abritant le haut-parleur. La chose étirait le bras dans une longue marche à pied vers le lieu du rendez-vous : la boom.La surprise-partie a disparu au bénéfice du tête-à-tête. On y apporte son mange-disque, beaucoup plus léger, et le dernier tube sur lequel on compte bien danser avec celle qui n’est encore qu’une bonne copine. La voix sensuelle de Donna Summer invite à la caresse pour 3’ 45 d’un bonheur absolu.De retour chez soi, le mange-disque a perdu de son intérêt et son habit rouge cerise disparaît dans la penderie sous les boîtes à chaussures. On le redécouvre presque par hasard après plusieurs mois d’oubli. Il tend sa bouche, large fente ouverte sur l’évocation d’une occasion ratée. Alors, dans un souvenir vengeur, on lui donne à manger des trombones.

Le lumogaz

Sous cette tente basse et étroite où je ne tenais pas debout, il y avait un duvet de survie et sous le duvet ton corps qui n’avait concédé au froid qu’une mince nuisette, cette petite chose à bretelles et à frous-frous qui te remontait sous les seins et offrait à ma vue ton énigmatique triangle sous la lumière crue du lumogaz.Il suffisait de tourner la molette pour rabattre le jour et plonger ton corps dans les zones changeantes de l’ombre.La lumière s’est éteinte au petit matin d’une campagne normande et je me souviens du souffle incessant du lumogaz qui finissait toujours par couvrir le mien.

Pour lire la première partie de cette oeuvre cliquez ici

Previous Page Next Page
 

Le mange-disque

On se souvient du pick-up en forme de machine à écrire portative et de son capot alvéolé abritant le haut-parleur. La chose étirait le bras dans une longue marche à pied vers le lieu du rendez-vous : la boom.La surprise-partie a disparu au bénéfice du tête-à-tête. On y apporte son mange-disque, beaucoup plus léger, et le dernier tube sur lequel on compte bien danser avec celle qui n’est encore qu’une bonne copine. La voix sensuelle de Donna Summer invite à la caresse pour 3’ 45 d’un bonheur absolu.De retour chez soi, le mange-disque a perdu de son intérêt et son habit rouge cerise disparaît dans la penderie sous les boîtes à chaussures. On le redécouvre presque par hasard après plusieurs mois d’oubli. Il tend sa bouche, large fente ouverte sur l’évocation d’une occasion ratée. Alors, dans un souvenir vengeur, on lui donne à manger des trombones.

Le lumogaz

Sous cette tente basse et étroite où je ne tenais pas debout, il y avait un duvet de survie et sous le duvet ton corps qui n’avait concédé au froid qu’une mince nuisette, cette petite chose à bretelles et à frous-frous qui te remontait sous les seins et offrait à ma vue ton énigmatique triangle sous la lumière crue du lumogaz.Il suffisait de tourner la molette pour rabattre le jour et plonger ton corps dans les zones changeantes de l’ombre.La lumière s’est éteinte au petit matin d’une campagne normande et je me souviens du souffle incessant du lumogaz qui finissait toujours par couvrir le mien.

Pour lire la première partie de cette oeuvre cliquez ici

page précédente
sur 5
Page suivante
Next
Next